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A l'heure ou l'existence au ruisseau temps, s'écoule,
Parmi les prés en fleur, je pressens que mon nid
Songe à m'ouvrir les bras, si la pierre s'écroule,
Je sais qu'il restera, comme jadis, un lit
Tendre, pour accueillir un matin ma dépouille,
Sur ce tertre Comtois. mon dolent livre d'or
Se fermera, sans sceau, d'une estime bredouille
L'ouvrage terminé, pareil au son du cor,
S'éteindra pour toujours? avant la billebaude
Au funèbre jardin. je veux revoir les fleurs,
La jonquille et l'œillet, sous l'obscure émeraude
De ma belle forêt, parce qu'il n'est ailleurs,
D'endroit équivalent, à ceux de mon enfance;
De ma petite école au vieux fort de Mont-Bart,
Je repense à ces lieux, que mon esprit encense,
Vers les rives du Doubs, se porte mon regard.
Peut être le souhait, d'apercevoir mon père,
Est-il mort à jamais ce lumineux témoin?
De ce rêve absolu, qu'une larme libère
Tout l'émouvant passé, comme l'odeur du foin,
Fait rejaillir la joie, une lampe s'allume,
Dansent des ombres d'or sur le poignant chemin.
C'est le soleil d'hier que fait naître la plume,
Bavans est un bijou, quand son vermeil écrin
S'angélise au verger de la blanche aubépine,
Que le frisson de mai, remplace l'eau d'avril,
Plus tard quand la douceur de l'automne décline,
L'âme, cher à l'humain se trouve sur un fil.
Où sont les papillons de ma folle jeunesse,
Les longs coquelicots et les beaux épis blonds,
Aux jours bleus du muguet l'amour était promesse,
J'écoutais l'alouette et le chant des grillons.
Ecrivant à l'orée, en bénissant la vie,
Sous le berceau des bois, j'étais un grand rêveur,
La rose imbibait d'or ma douce poésie,
Comme l'archet lascif peut caresser le cœur.
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