|

Le temps n'effacera ce que le cœur consacre,
Ni le plaisir d'aimer, ni le parfum des fleurs;
Au livre du passé, dans l'eau pure des pleurs
Toujours le souvenir concèdera son fiacre.
La première missive ou le beau peigne en nacre
Caressera l'esprit, sous de pâles couleurs,
Renaîtrons les trésors, les décors enchanteurs.
Philomèle au jardin, sans aucun simulacre
Jusqu'au dernier avril usera de sa voix,
Alors rutilera le soleil d'autrefois,
Jusqu'à l'ultime instant la muse, à la pensée
Offrira tout son or, dans son charmant écrin,
Au cœur d'un vieil ouvrage une rose séchée
Rappela les jours de soie et de satin.
|