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Ses yeux font ruisseler l'or, la douceur des roses,
Un soleil s'en échappe à toute heure du jour.
Avec elle grandi tant d'adorables choses,
L'églantine et l'archet, les flambeaux de l'amour.
J'éprouve un tel bonheur quand sa lèvre désire,
Suggère le bon mot d'une amabilité,
Choisissant sans détour, avec un grand sourire
Le verbe le plus beau de tous, celui d'aimer ;
De sa bouche s'envole une douce musique
Qui chamboule mes sens, de sa charmante voix
S'écoule le ruisseau d'un ramage idyllique.
Au moindre bruissement, mon âme est aux abois,
Avec le baume au cœur, le soir j'attends sa messe,
Majestueux, son timbre est un clair piano,
Cela semble un parfum qu'une rose confesse,
L'ange au violon qui devient concerto.
L'intérêt que je porte à son être, s'appuie,
Non seulement aux mots, mais tout autant au choix
Fait par ses sentiments. Quand l'amour à la lie,
S'exerce à la lueur de son joli minois,
Le plus fameux tableau que la passion puisse
Soumettre au quotidien, une braise au regard,
Des fleurs dans les cheveux et le comble du vice
Un visage admirable où le charme est un art.
En adorant son corps, j'imagine un blanc marbre,
Couvert d'un cher lin bleu, plus beau encor, sa chair
Attise les rayons du riche candélabre.
S'avance joliment à travers le mohair
La pointe de ses seins, au clinfoc de la soie
Répond ma soif venteuse, Eros est bien perché
Au nid de la dentelle où l'aurore à claire-voie
Met à jour son trésor, l'intense volupté,
Gonfle mon cœur d'amour, sa belle anatomie,
Au galbe ensorceleur, parle à mes mains, en feu
Je sens naître un pouvoir, l'infernal incendie,
Elle enchaîne cambrure et je deviens son jeu,
Sous le tissu léger, voila monts et merveille,
Enflammant le miroir, son corps extravagant,
À mon sang chaud intente une indécente veille,
Je crains fort la dérive à chaque mouvement.
Au berceau de l'obscur, le lit se change en barque;
Dés lors nous partons vers les îles au trésor,
Caressés de zéphyr, alors le rêve embarque
Et l'ombre s'ensoleille en découvrant de l'or.
Passent des goélands ourlés de fine écume,
Non loin, sur une plage, un étrange joyau
Affole ma raison, dans son antre s'allume
Au nid douillet de l'herbe, un clair coquelicot,
Au sanglot du ressac répondent les sirènes,
D'une mer amoureuse, aux horizons lointains,
Où la houle sans fin, essaime les géhennes,
Et je me sens mourir au rythme de ses reins,
Entre ombre et or, voilà que la pluie et l'orage,
S'invitent parmi nous, Venise est à trois lieux,
Pour nous deux, l'Éden, mais j'ai grand peur du naufrage
Et des flux insoumis, de la mer jusqu'aux Cieux.
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