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A l'ombre du géant (pour la belle endormie)

le mercredi 23 mars 2022, à 10:03. Posté par plumeflore


    Sur un père foyard*, à deux pas de l'orée
    Où passe le renard, je savais qu'à Bavans,
    Au seuil de notre idylle, à l'heure consacrée,
    J'avais gravé ton nom voila plus de trente ans.

    Avril quatre-vingt dix, au lieu-dit: de l'étoile,*
    Aux jours où la jonquille en robe de velours
    Emerveille les bois, quand l'aube tend sa toile,
    Que l'art nouveau sévît, bénissant les amours.

    Nous rêvions tous les deux d'un sol jonché de roses,
    D'une terre de France où balancent les blés,
    Bercé par la douceur et tant d'heureuses choses,
    D'instant où les oiseaux, aux rêves sont mêlés;

    Poussé par ton pouvoir, ton visage d'infante,
    Sur le tronc satiné d'un arbre antique et beau,
    Je décidais d'un coup, de façon engageante
    D'écrire ton prénom, dans un cœur jouvenceau;

    En traçant au couteau, par jeu, lettre après lettre,
    Sylvie en déliés, finement délicat;
    Blessant l'écorce d'or, je sentais en moi, naître
    Un amour émouvant au merveilleux éclat.

    Aujourd'hui je suis là, le même endroit, à l'ombre
    Du géant, c'est ici, que se trouvent nos pas;
    La beauté de ce lieu vient accroître, ton ombre,
    J'apporte à ton repos, un bouquet de lilas.


    *Foyard, l'autre nom du hêtre dans le Doubs,
    L'étoile un lieu-dit: à Bavans dans le Doubs aussi.

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