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Ton cœur s'est arrêté, mais par un grand mystère
Je peux toujours l'entendre en écoutant le mien,
Pourtant, pour être franc, oh ! Que ta mort mon père
Fit sourdre entre mes doigts le bonheur quotidien ;
Il ne s'écoule pas un jour sans que je sente
Le poids de ton absence au plus profond de moi,
Venus des profondeurs ton ombre se présente
Souvent à mon esprit, sans en avoir le choix,
Sur la rive du Doubs, sans mal, je te retrouve,
Ne reste que le rêve, un remède au chagrin,
Aux nostalgiques jours que ma tendresse couve
Pour faire face au temps qui coule grain à grain.
Il faut bien avouer, les adieux à l'enfance
Furent le préambule à tel déchirement
Qu'il n'existera plus, à part en apparence,
De rire désinvolte où d'entrain comme avant ;
Un étonnant silence avec l'âge consume
Les grandes braises d'or d'un merveilleux passé,
Que l'aube recompose à l'encre de ma plume
Ton souvenir en moi demeurera sacré ;
Qu'ils sont loin aujourd'hui les blés de la jeunesse
Et j'ai beau le savoir, un mot à mon chevet
Ressuscite une image au combien poétesse,
Le cliché d'un pêcheur, sur moi, fait son effet.
Et pas un seul poème, aucune cathédrale
Ne pourra contenir, les eaux vives d'antan,
Le soleil de ce temps est d'un or sans égale
Il ne prend source que dans les yeux d'un enfant.
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