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Dans la pâleur du soir

le lundi 23 mai 2022, à 12:25. Posté par plumeflore


    Dans la pâleur du soir, là-bas entre les branches
    L'église du village et le témoin d'un temps,
    À jamais révolu, la douceur des pervenches
    Ne verra plus l'amour des antiques amants,

    Sous l'aubépine en fleur que bénit la mésange,
    Plus de vaches aux champs ou de charrue à foin,
    L'image du passé, comme celle de l'ange
    N'est qu'un leurre aujourd'hui, malgré l'air pur de juin.

    La campagne Comtoise à présent n'a plus d'âme,
    Les roses du printemps n'ont plus la même odeur,
    Le même envoûtement, mais pour qui est-ce un drame ?
    À part le cul-terreux, l'ancien ou le rêveur.

    Ces jours que j'aimais tant, que recouvre le lierre
    Jasent dans mon jardin avec l'heure au clocher,
    Ils sont les vrais trésors, mais restent sous la pierre
    D'une force inouïe, aussi beaux au verger

    Qu'aux marches de l'école, un effluve de paille
    Ressuscite souvent, l'ombre d'un vieux pommier,
    Si sur le vieux bureau l'encre noire s'écaille,
    Il reste dans mon cœur, la craie et l'encrier.

    De cette époque-là, je garde la tendresse,
    Du son clair de la cloche, aux bidons du laitier,
    Un monde chante en moi, d'une telle richesse
    Que me vient la saveur, le baume d'un grenier ?

    Enfermer dans un livre, au chapitre suprême
    Il est un souvenir couvert de maints bijoux.
    Auprès de ma jeunesse il forme un beau baptême,
    Je me revois enfant, tout près d'elle, à genoux,

    J'ai peut-être dix ans, dans l'herbe déjà haute,
    J'admire Nathalie en la couvant des yeux,
    Je puis boire de l'or, mais d'elle vient la faute,
    Elle est belle à mourir, son sourire radieux

    Nid d'amour rose et blanc fait l'effet d'une lame,
    Cerise de juillet, son rire est tout pareil,
    D'un océan de fleurs, il entre dans mon âme,
    Je crois renaître encore en buvant le soleil.

    De moi, elle s'approche, yeux mi-clos, bouche offerte,
    Son haleine d'œillet ne peut que me griser
    Cet arôme brûlant, sous la tonnelle verte
    Restera le piment de ce premier baiser.

    Cette fille aux yeux noirs, ange aux cils d'hirondelle,
    Où vit-elle aujourd'hui, que fait-elle à présent ?
    A-t-elle tout de suite oubliée ou, sait-elle ?
    Que mes mots à ce jour en font un testament.



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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le lundi 23 mai 2022, à 17:38
Plus romantique tu meurs. Mais moi j'aime, beaucoup, beaucoup les mots du poeme et la force emotionelle qui en emane Ah ! ces souvenirs d'enfance, la nostalgie de l'autrefois et du vieux pays et la saveur jamais oubliee du premier baiser '' Le plus pur, le plus beau ''. Et comme il est beau aussi ce poeme !

debbie le mardi 24 mai 2022, à 18:08
Bonsoir Marc , il y a une certaine pureté dans ces vers, comme les amours d'adolescents. Les premiers sentiment qui sont si intensence car découverts pour la première fois. J'ai beaucoup aimé cette lecture.
Belle soirée
Avec ma tendre Amitié poétique
Debbie

plumeflore le jeudi 02 juin 2022, à 11:01
Bonjour René, oui, c'est vrai que le romantisme est une source inépuisable pour moi !
Marc!

plumeflore le jeudi 02 juin 2022, à 11:02
Bonjour Debbie merci ma chère amie pour votre gentil commentaire !
Marc !

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