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En juin, à l'heure tendre où le soleil se couche,
Qu'éclate dans le soir, le sourire des fleurs,
Je savoure l'instant du bien-être à la bouche,
L'odeur du foin coupé m'emporte vers, ailleurs...
J'aime m'en aller, seul, quand la vive lumière
Décline doucement, que des rives du ciel
Perlent une sainte paix, où danse la poussière,
À cette heure, l'air semble une robe de miel.
Parmi les cerisiers, que chaque ombre émerveille,
Une brise de rose accompagne mes pas.
La voix d'un rossignol palpite à mon oreille,
Son chant, une caresse, est semblable au lilas
D'une trame invisible, il charme, le poète
Et porte l'amoureux au noble rendez-vous,
J'aime l'entendre au bois, lui seul est mon Prophète
Au moment où mon cœur rêve entre chiens et loups.
Il m'arrive souvent, quand le grillon stridule
De prendre le chemin, qui mène au vieux clocher,
L'ombre vient se poser avant le crépuscule
Au lit de chaque toit comme un linceul léger.
Sur le parvis serein, l'âme de l'aubépine
M'invite gentiment vers le porche Roman,
La porte à deux battants, que la bonté patine
Ne résiste jamais quand l'ivresse me prend
De mêler mon esprit, à la paix d'une église,
Je ne crois plus en Dieu, mais j'aime cet endroit,
Il faut vivre d'amour et l'art humain me grise
Quand l'or pur des Vitraux me le montre du doigt.
La blancheur de l'Autel fait paraître, une page,
La Nef, un nid d'oiseaux, les séraphins, des fleurs,
Le silence, une source où ma plume voyage ;
Dans la maison du Ciel, l'encre prend des couleurs.
En découvrant le Chœur, ma muse s'abandonne,
Le temps n'existe plus, dans ce splendide écrin,
Un bel Adagio dans mon âme résonne,
Son souffle poétique angélise ma main.
Dans ce recueillement près de l'ardente Bible,
Murmurent les mots doux de la belle saison,
Dans la beauté du soir dont le cœur est la cible
Mon inspiration s'abreuve du frisson.
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