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Pour toi mon tendre amour j’ai cueilli ce bouquet,
Sur les sentiers fleuris de madame Dauguet*;
Parmi les foins coupés du terroir bucolique,
Sourdait le froissement d’une aile romantique.
De magiques parfums, d’églantiers et d’humus,
Éperdument touchant couvraient d’or l’angélus ;
Auprès de l’être cher, jardin de cette muse,
J’ai découvert ces vers, mon âme s’en amuse.
Sous l’ombrage émeraude où l’ange respirait
Au nid du rossignol, mon encre flamboyait.
Savourant le nectar d’une heure merveilleuse
Je cédais au plaisir de ma quête joyeuse
M’assoyant sur le foin et la verveine en fleur,
Pastorale moment, je buvais la douceur
En écoutant chanter la mignonne fauvette,
Dans le silence intime, elle, sœur du poète
M’apprenait simplement, la saveur de l’instant
Sous les rameaux pourprés d’un pommier vieillissant,
Mon cœur vibrait d’amour en goûtant les haleines
Au clavecin du vent, la musique des plaines.
Quelques roses sainfoins, une grappe d’œillets,
La timide aconit grand soleil des forêts ;
Un sabot de vénus pour toi ma bien-aimée,
Toi l’authentique rose au champ de ma pensée.
Alors que s’enfuyait la nuit, devant le jour
Près de mon écritoire aux couleurs de l’amour,
J’ai pu tôt ce matin recouvrir d’or la page
En mêlant ma brassée au ciel de ton visage.
Et voilà ma réponse à l’anneau de ta main,
Sans cesse, je voudrais bourgeonner mon destin
A l’arbre de tes bras où mon bonheur habite,
Ces fleurs prouveront que je t’aime sans limite.
*Marie Dauguet grande poétesse née à Aillevillers-et-Lyaumont Haute-Saone
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