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L'album familial où sommeille mon père,
Evoque mieux que moi, malgré tous mes efforts
Ce que coûte aujourd'hui ces fabuleux trésors,
l'instantané révéle un monde imaginaire.
Bonheur étourdissant d'un présent éphémère;
Chaque cliché transmet le soleil de nos morts
Au vitrail ténébreux du rêve et des remords.
Que reste-t-il au fond quand s'entrouvre la terre
A part quelques oeillets, un chagrin abyssal;
Un livre se referme aux rives du canal,
Le pêcheur est parti celui de mon enfance,
Je songe à lui souvent, au moment précieux
De ma première canne il guidait mon errance,
Ce souvenir me met des larmes plein les yeux.
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