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Tannay, qui l'a vu naître, au ventre infortuné
D'une piètre péniche immobile, à l'amarre,
Aujourd'hui me sourit sous le soleil d'été,
Le pays Bourguignon de chic, n'est pas avare
J'imagine à l'instant son enfance en ces temps
Au long du Nivernais avec son haridelle,
La modeste motrice, hiver comme printemps,
Les muscles à la tâche, impossible pour elle
De s'étendre au soleil, repos, nenni ma foi!
La devise des miens, elle l'aura servie
Pas de halte le jour, au pas, tout comme toi
D'ailleurs et tu disais, c'était dure la vie.
Le sort des pauvres gens, toujours de ville en port,,
La faim vous tenaillant et la guerre à vos trousses;
Le repos d'une nuit pour vous c'était de l'or,
Difficile pour tous de se tourner les pouces.
Et les cloches, ce soir, celles de mon bonheur
Bouleversent mes sens, un fait de mon enfance
Remonte à mon esprit, si loin, mon père en pleur
Raconte sa jeunesse et puis un grand silence.....
Pensait-il à ses vieux, aux jours de ce temps-là?
Si j'écris aujourd'hui ce n'est point pour la gloire,
Plutôt pour révéler, sans être indélicat,
Le parcours émouvant digne de sa mémoire.
Ces lignes de ma main, est un envoi vers ceux
Qui guidèrent l'esquif de mes jeunes années,
Il m'arrive d'avoir des larmes dans les yeux,
Quand mon père prend le canal de mes pensées.
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