|
Assis auprès du feu mon âme est à Venise,
Puisqu'en posant les yeux sur les braises, ce soir
Je retrouve un parfum à la facture exquise.
Longtemps ce souvenir dormit dans un tiroir;
Je voudrais mettre à jour un visage angélique,
Au rose de son teint palissaient les orchis;
J'évoque ce bonheur d'un style nostalgique,
En buvant la liqueur des plaisirs de jadis.
Le charme de l'amour de façon immuable
Renaît comme jonquille au soleil du printemps.
L'objet de cet écrit quelque peu mémorable
me grise bellement d'une saveur d'encens.
je confesse aujourd'hui cette authentique histoire
Et mon encre se plait d'y mettre la couleur,
Le ton du rossignol, en gravant dans l'ivoire
Avec des lettres d'or le nom de cette fleur.
Il faut être poète ou dès lors romantique
Pour offrir au lecteur l'auguste majesté,
L'être de mes tourments, au sourire idyllique,
Est ange au bois dormant, biche de volupté.
A ce premier amour, dans son grand lit de roses,
Avec des vers choisis j'érige un monument,
J'adresse ma prière à ses paupières closes.
Et ce bouquet d'œillets en forme de serment;
Cette couronne blanche, aux bijoux symboliques,
Est le remerciement de mon cœur orphelin,
Je compile les fleurs, évitant les colchiques
Pour coudre à sa mémoire un magnifique écrin;
Et faire le portrait de cette âme sensible,
En tout point merveilleuse et charmante à souhait,
N'est point pour ma tournure une tâche pénible;
L'emprise de mes sens n'est là, point un secret.
Peut-être verrez-vous du ton chevaleresque,
Le pouvoir de ses yeux, l'adorable beauté,
Le raffiner d'amour de cette belle fresque,
Son élégant minois par l'aube enveloppé.
J'ai pu tout à ma soif, chérir mon esclavage,
Nuit et jour elle avait dans son charme, des fleurs;
Je peux avec raison lui rendre cet hommage
D'une douce romance aux exquises couleurs.
Il est un fait certain, si belle était Sylvie,
Qu'elle rendait jaloux l'éternel et les cieux;
Qui pourrait contredire une telle élégie?
Je garde au fond du cœur son rire merveilleux;
Son rictus amusé, grandit par le silence,
Au cœur du long hiver était un vrai régal
De l'avoir côtoyé je mesure ma chance;
Sa mine était délice et reste sans égal.
La douceur de ses yeux bijoux, savait me plaire,
Un feu dans ses iris caressait mon désir,
Au luxe d'être belle, en plus elle était mère;
Trop fleur pour se caché, trop jeune pour mourir.
|