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A l'aube de l'hiver, si je tourne les yeux
Vers les monts Franc-Comtois c'est d'abord à ma mère
Que je pense avant tout, loin d'elle, de ses Cieux,
Je comprends aujourd'hui que la vie éphémère
Et soumise et dépend d'un besoin: c'est l'amour,
Que triste est le bonheur, sans l'or de l'espérance;
Le ciel aura comblé mon chemin, de son jour
Entre larme et sourire un portrait se balance.
Et verse le parfum d'une authentique fleur;
C'est la plume à la main dans cet état de grâce,
Solennel, émouvant que je puise en mon cœur.
Les mots de cet hommage alors que le temps passe
Je sais que pour un fils, jeune homme ou l'âme en paix,
Quelque soit le parcours, n'importe où dans le monde,
Son amour maternel ne se fane jamais;
Au simple mot maman, la tendresse l'inonde.
Mon âme est une église avec son dôme d'or
Qui verse sur ma page un souffle de mésange,
Voilà que resplendit les foins de messidor,
Je me retrouve jeune au même âge que l'ange,
Un grand bouquet aux doigts n'ayant d'autre tourment,
Que de cueillir des fleurs sous la verte ramée;
Cette heureuse existence est un baume innocent
Qui nous touche à dix ans pour la parente aimée.
Quand la douceur du jour accompagne nos pas,
Le cliché nimbé d'or, au ton inaltérable
Arrose la mémoire avec de blancs lilas,
Ma mère en robe rouge a le sourire affable,
Quel âge a-t-elle là, quarante cinq printemps?
Peut être même moins, en tout cas elle est belle;
Le soleil a placé sur elle pour longtemps
Les bijoux élégants de la grâce éternelle.
Mais qui donc pourrait rendre à l'enfant ses jouets,
Ses rêves et ses jeux, sinon sa génitrice,
En butte au temps qui passe, à l'envol des feuillets,
Ce qu'il reste à la fin c'est un grand édifice
Où demeure un trésor l'œuvre des chers parents;
Le miel des jours heureux que le passé façonne,
Couvre les souvenirs d'un effluve d'encens.
C'est la saveur d'avril, qu'il nous reste à l'automne;
Ces antiques instants sont de riches jardins;
Le clocher de Bavans se souvient à l'époque,
D'une jeune maman des roses pleins les mains,
C'est bien cet ange là que le bonheur évoque.
Sur l'horloge déjà quatre-vingt huit printemps,
Pourtant même aujourd'hui c'est sur ses ailes blanches
Que se pose mon cœur, que s'arrête le temps,
C'est pour fleurir ses jours que naissent mes pervenches.
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