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S'il faut un peu d'amour pour un juste tourment,
Voilà ma question, comment être insensible
Devant pareille femme? un semblable ouragan
N'arrive pas souvent, un mal indescriptible
Bloque d'un coup le sang; je garde encore en moi,
Ce matin de juillet, l'instant de sa venue,
Superbe, toute en blanc, son beau sourire en fleur
Illuminait le jour, émerveillait la rue.
Comment vous la décrire avec sage raison,
Le soleil à côté parait un triste sire,
Je ne sais quoi de doux ensoleille son front,
Même les lys de mai ne pourrait pas suffire
A semblable bouquet, de charme et de douceur.
Son visage mignon, d'un teint incomparable
Souligne joliment son rire ambassadeur
Qui semble un clair ruisseau de liesse, inimitable.
Aussi finalement que dire de ses yeux,
Qui sans être pers, font voyager mon âme,
Sinon qu'il sont troublant, pour le moins merveilleux
Ce qui séduit chez elle et tout autant enflamme
C'est bien l'exquis pouvoir que trace sa beauté.
Les anges blancs, Les fleurs, à son chevet s'inclinent,
Un semblable tableau se nomme volupté,
Il faut voir la Vénus que sa ligne dessine;
Pour mieux interpréter ce qui plait à mon cœur
Je réunis en vers, sa façon merveilleuse
De baisser le regard dans un style enchanteur
En cédant au bonjour, d'une aube ensorceleuse,
Délicate obligeance au service d'un sort
Pudiquement poli; cet adorable geste
Verse sur ma poitrine un flux d'étoiles d'or;
Son art touche au sacré, son allure est céleste,
Un archet chante en moi, dès que j'entends sa voix,
Son timbre attendrissant chatouille mon oreille
Et cet accent, mon Dieu, met mon âme aux abois,
Ce même frôlement que ferait une abeille
Au feston d'une fleur, à l'approche du soir.
Tout chez elle est extra, c'est dire si je guette,
Son apparition avec le fol espoir
De distinguer ses traits, sa cambrure parfaite,
En plus d'un corps divin, elle a dans le regard,
Toutes les fleurs de l'aube où brille la rosée,
Qu'ailleurs je ne connais, pas même dans tout l'art
Et d'elle, je retiens l'image d'une fée.
Il faudrait marier, la rose au rossignol
Un jour bleu de printemps pour connaître la chance,
D'une telle richesse, où suspendre le vol
De l'angélique oiseau sur le fil du silence
A l'heure où le jour naît, pour avoir devant vous
Dans un grand vent de miel, le portrait de cette Ève
Qui mérite cent fois, fleurs, perles et bijoux.
C'est une rose blanche au service du rêve.
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