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L'hiver auprès de l'âtre, au livre de la flamme,
Où baigne mon esprit, le passé de son poids
Mêle son ruisseau pur, aux plaintes d'une gamme
Tristement languissante, alors revient la voix
Des êtres disparus à l'ombre du colchique
Qui ressuscite l'or du pays Franc-Comtois.
J'écoute retentir la cloche nostalgique
Qui toujours me ramène au soleil d'autrefois;
Tantôt dans un sous-bois que la tenture inonde,
Soit sur les bords du Doubs, près d'un saule concis;
Proche d'une coulée où le gardon abonde.
Bercé par le concert des moineaux étourdis
De bonheur, au moment des moissons estivales.
De ces beaux jours enfuis, me reste les parfums
Des écumantes eaux, des ombres végétales,
Où s'érigeait l'amour de nos plaisirs non feints;
Ces parterres de fleurs, ces blonds châteaux de paille,
Où sont-ils à présent ces chers chemins herbeux.
Une noire lézarde au pan d'une muraille
Témoin de ce temps là, conserve dans un creux
Les traces d'un bonheur aux teintes bleus turquoises.
Un cahier d'écolier infuse la douceur,
D'une époque fleurie aux heures des ardoises,
De l'odeur de la craie et de l'enfance en fleur.
Puisque nul ne connaît la fin de la romance,
il me faut vous parler, d'une fille aux yeux bleus,
A l'âge de douze ans, j'écoutais douce France,
En rêvant au début d'un amour fabuleux.
C'est le deuil d'un enfant que ma plume réveille;
l'archet mélancolique aux notes de velours,
Savoureuse musique accompagne l'abeille
Au jardin de jadis, mais le sort suit son cours.
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