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Missive au bois dormant l'aimante philanthrope
Souhaitait le bonheur d'un deuxième printemps.
En attendant son heure au nid de l'enveloppe,
Sur un dais de velours et de pétales blancs;
Rêvant dans un tiroir depuis plus de six lustres,
Elle était là, sage ombre, au grenier de l'oubli,
Semblable au vieux recueil des écrivains illustres,
Elle attendait une âme, ajoutant au récit
L'authentique roman d'une émouvante larme.
Si ma mémoire est bonne, avril quatre vingt neuf,
M'invitait à poser, la plume pour seule arme,
Un amoureux discours, privilège tout neuf;
Mes mots cherchaient le cœur, pour une belle cause,
L'amour où chatoyait l'encre pure à bénir
Imbibait mon esprit, c'est sur un papier rose
Que se posait mes vers, il me fallait subir
Exquise souvenance, un sentiment de soie
Empreint de passion, attendrit par le don,
D'une part de mon âme, une aube à claire-voie
Tendrement déroulait la galante moisson.
De mots fleuris par l'or de forces déchaînées,
Au service d'un être au combien important,
C'est bien le manque d'elle, à grandes enjambées
Qui prenait mon émoi, en poussant mon élan.
Jamais las, l'encrier de fine porcelaine,
A l'ovale linceul, d'un délire innocent,
Accompagnait mes pas, aux pieds de cette reine,
Pour offrir à ses doigts les fleurs, l'anneau d'argent.
Ce soir, sous l'abat-jour mon souffle séculaire
Retrouve la douceur du message amoureux;
Son éternel pouvoir en moi devient solaire,
Le plus beau de l'amour parade sous mes yeux.
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