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Aucun endroit au monde, autant touche le cœur,
Impose autant sa griffe au moment de l'automne,
Que notre écrin natal, qu'importe la couleur,
Chacun connait l'éclat quand son église sonne.
L'authentique bourdon angélisant le soir,
Éveille une douleur, qu'elle soit douce, amère,
Nul ne peut oublier, son magique pouvoir,
Qui ramène toujours au giron de sa mère.
Quand l'aube du passé nous ouvre ses bras blancs,
L'odeur du foin coupé de nouveau nous caresse;
Vraiment peut-on guérir de nos premiers printemps?
Je ne le pense pas. l'âme n'aura de cesse
De revivre à rebours les touchants souvenirs,
Avec un soin secret c'est le retour aux sources.
A l'âge du muguet, des prometteurs plaisirs,
Du charme originel et des folâtres courses.
Tandis que pleure en moi de nostalgiques chants,
Comme une source claire, oh! ma terre Comtoise,
Toi, dont le nom m'est cher, il me revient l'encens,
Une tendre saveur au goût de la framboise.
Cette douceur de vivre au paisible pays,
Ce verdoyant jardin que l'enfance savoure,
Le piment des saisons dans un village exquis,
Dans un havre de paix que la tendresse entoure,
Cet émouvant terroir recouvert de soleil,
Dénoue un blond ruban aux travers de mon être
De l'éternel pays je rêve sans sommeil.
Quelque soit mon destin, toujours s'en viendra naître
Le bonheur de revoir, les fleurs de mon palais,
Si la marche du temps devait rogner l'histoire,
Sachez mes chers amis, au diable les regrets,
Le seul sage patois que je souhaite boire
Juste avant de partir, c'est bien celui des miens.
Au banquet des grillons sous l'ombreuse musique,
Sur un tertre Comtois, loin des sombres Chrétiens,
En repassant l'album d'un passé romantique
Sans appréhension, c'est de cette façon
Que j'aimerais mourir en fixant mon village
Ceinturé par le Doubs. un vol de papillons
Signerait mon départ juste au bas de la page.
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