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Je croyais que le temps effacerait l'histoire,
Comme l'herbe nouvelle étoffe le fossé,
Que la chape des ans scellerait ma mémoire,
Que coulerait de l'eau sur le destin brisé.
Et voilà que les fleurs, les tendres babillages
Font renaître une flamme au foyer de mon cœur,
Alors que sous mes yeux renaît des paysages;
Un lointain souvenir traîne en accroche-cœur
Le bonheur éclatant de ma folle jeunesse,
C'est le même parfum, des moments merveilleux,
C'est le même frisson, la pareille tendresse,
Aux travers de ces pleurs qui coulent de mes yeux.
Tout chavire au refrain du printemps sémantique,
L'hirondelle en plein ciel, signe le renouveau,
Ainsi que la jonquille à la pâleur mythique
En belles lettres d'or complète le tableau.
Ce moment suspendu, cet amour véritable,
Qui flotte dans le vent, puisque le merle noir
Le confesse au sous-bois d'un séduisant vocable,
Ne puis-je pas offrir à la brise du soir?
Ma sublime douleur, ne puis-je pas l'inscrire
D'un romantique élan à l'écorce d'un tronc?
Ou bien la suggérer quand le soleil expire,
De même que Alphonse à l'écho du vallon.
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