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Les bonheurs éphémères

le dimanche 30 avril 2023, à 20:56. Posté par plumeflore


    Mais dites moi comment ne pas être amoureux?
    D'un semblable pays où la terre déploie
    Des bijoux de forêts, des terrains moissonneux.
    Il faut voir ma contrée au moment où flamboie

    Le grand soleil de mai sur le miroir du Doubs,
    Comment ne pas aimer un terroir si modeste?
    L'aubépine là-bas de même que le houx
    Angélise les bois d'une éclatante veste

    On découvre parfois au détour d'un sentier
    Sous la tonnelle verte, une ombrageuse église,
    Œuvre de la nature où niche le ramier;
    Qu'il fait bon dans ces coins que caresse la brise,

    Tout rit sous le couvert, à l'heure ou le flambeau
    Des fleurs, sème de l'or sur les chemins tranquilles,
    Tout chante au crépuscule, ainsi le son de l'eau
    Participe au concert des plus tendres babilles.

    Qui pourrait se lasser du printemps Franc-Comtois?
    Des airs du rossignol ressemblant tant au psaume?
    Du tableau merveilleux d'une biche aux abois?
    Des riches soirs d'été quand le terroir embaume

    La bonne odeur de foin, l'ardente volupté,
    Le frisson paresseux que la douceur étale?
    De l'archet du silence accrochant la beauté,
    Au plus humble vallon dont l'âme se régale?

    C'est toujours un bonheur de revenir au nid,
    De revoir Blussangeaux, le Dessoubre, la Loue,
    Où mon temple natal que bichonne la nuit
    Au moment du ballet que l'hirondelle joue.

    Rouvrir la porte close où dort le cher passé
    Reste fondamental, chaque ombre fugitive
    Imprime dans le cœur, ce qu'elle a de sacré,
    Quelquefois la douleur est une source vive.

    Le temps qui nous arrache à l'enfance, au plaisir,
    Au monde heureux et beau des larmes de tendresse,
    Nous rappelle des jours, impossible a guérir,
    Et c'est toutes ces fleurs que le passé nous laisse.

    Quand nous reviens l'amour, d'un romantique instant,
    Sous le couvert obscur des sentes solitaires,
    Il semble que l'esprit, aux branches, se suspend
    Pour ne pas voir mourir les bonheurs éphémères.

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