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Mais dites moi comment ne pas être amoureux?
D'un semblable pays où la terre déploie
Des bijoux de forêts, des terrains moissonneux.
Il faut voir ma contrée au moment où flamboie
Le grand soleil de mai sur le miroir du Doubs,
Comment ne pas aimer un terroir si modeste?
L'aubépine là-bas de même que le houx
Angélise les bois d'une éclatante veste
On découvre parfois au détour d'un sentier
Sous la tonnelle verte, une ombrageuse église,
Œuvre de la nature où niche le ramier;
Qu'il fait bon dans ces coins que caresse la brise,
Tout rit sous le couvert, à l'heure ou le flambeau
Des fleurs, sème de l'or sur les chemins tranquilles,
Tout chante au crépuscule, ainsi le son de l'eau
Participe au concert des plus tendres babilles.
Qui pourrait se lasser du printemps Franc-Comtois?
Des airs du rossignol ressemblant tant au psaume?
Du tableau merveilleux d'une biche aux abois?
Des riches soirs d'été quand le terroir embaume
La bonne odeur de foin, l'ardente volupté,
Le frisson paresseux que la douceur étale?
De l'archet du silence accrochant la beauté,
Au plus humble vallon dont l'âme se régale?
C'est toujours un bonheur de revenir au nid,
De revoir Blussangeaux, le Dessoubre, la Loue,
Où mon temple natal que bichonne la nuit
Au moment du ballet que l'hirondelle joue.
Rouvrir la porte close où dort le cher passé
Reste fondamental, chaque ombre fugitive
Imprime dans le cœur, ce qu'elle a de sacré,
Quelquefois la douleur est une source vive.
Le temps qui nous arrache à l'enfance, au plaisir,
Au monde heureux et beau des larmes de tendresse,
Nous rappelle des jours, impossible a guérir,
Et c'est toutes ces fleurs que le passé nous laisse.
Quand nous reviens l'amour, d'un romantique instant,
Sous le couvert obscur des sentes solitaires,
Il semble que l'esprit, aux branches, se suspend
Pour ne pas voir mourir les bonheurs éphémères.
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