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J'admire intensément le calme d'une église
A l'heure solennelle où décline le jour,
Déserté des humains, son silence me grise;
Est-il de plus beau lieu pour offrir à l'amour
Un angélique écrin, quand le bois rivalise
Avec l'or du calice et l'éclatant linceul.
Porte du Paradis, de la douceur exquise,
L'âme en quête de paix, j'adore y venir seul
Au pied du saint Autel, jamais je ne m'incline,
Pourtant avec respect je rends hommage à ceux
Qui longtemps avant moi surent courber l'échine,
Ne se ménageant pas pour rendre grâce à Dieu.
Avec tant de vitraux, de grâce et d'estime
J'ai du mal à comprendre où s'en va cet amour?
Même encore à présent et la guerre et le crime
Dans notre quotidien sont à l'ordre du jour.
N'apprendrons nous jamais de ce que le mal sème;
Mort, désolation. n'apprendrons nous du temps
Que son long cours haineux et son triste anathème?
Alors qu'autour de nous passe fleurs et printemps.
Souvent au clair-obscur, s'envole ma pensée,
Avant le crépuscule assis sur un vieux banc,
A deux pas de la croix, tout en étant athée
J'aime écrire tranquille à l'heure où se suspend
Le vacarme et le bruit, la cantate du merle;
Parfois comme un ruisseau un chapelet de mots
Egrène un angélus pour polir une perle;
Alors que mon passé raconte ses sanglots
Et que la nuit a bu le jour jusqu'à la lie,
Il m'arrive souvent de boire la lueur,
C'est à ce grand secret que mon esprit se lie,
Pour l'avouer sans croire il faut un sacré cœur.
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