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Depuis votre naufrage,
mon marasme renflait comme la mer irascible et dépitée,
Quand je voyais Lindsay,
cette rose effeuillée
par l’aile visqueuse de l’adversité,
Quand je voyais cette ineffable injustice
qui brisait votre amour de la vie,
et vos précieuses libertés.
Sachez que ma honte déchirait mes chairs,
comme la violence d’une rapière ,
sans discontinuités.
Car j’aurais voulu moissonner les ailes de votre tragédie,
J’aurais voulu vous voir pétiller
comme les symphonies des maestros, des rubis de la vie,
Mais je ne pouvais point juguler ma pusillanimite’,
J’étais confinée dans une peur exacerbée,
Et cet archer invisible,
je ne pouvais point le braver,
Si bien que mon coeur était si mornement morne,
qu’il faisait pleurer le vent et la pluie de janvier,
Et comme les marins en dérade,
J’avais l’irrépressible envie de me noyer
comme eux,
dans la mer, et ses dentelles d’écumes.
Pour soulager mon cœur
de ma peine,
comme une maladie maligne qui le consume,
Pour qu’elles s’effilochent
mes pensées de février,
qui exsudaient des moissons de nuages spleeniques,
Des chênes délitescents
aux corps faméliques,
Ces écharpes de brumes
qui s’enroulaient violemment
autour des corps tristes et vieux des réverbères,
Pour mieux dissimuler leurs solitudes monotones,
et leurs souffrances singulières,
Des paysages frappés par un hiver
délétère,
Avec des haillons de vents
qui étaient étendus sur la terre.
Des cités, des rues, des promenoirs
voués à l’abandon,
où régnait un silence mortifère,
Qui accablaient ma sérénité,
Car elles mangeaient ma vie,
ma morosité, ma lâcheté.
Veuillez me pardonner
de ne pas vous avoir sauvée, Chère Lindsay,
Vous qui étiez une perle de la poésie,
comme les pluies de lyres
qui s’écoulaient des yeux ensorcelants du ciel de mai,
Et qui magnifiaient la nature comme jamais.
Mais j’aimerais vous avouer,
Je suis rongée par le venin puissant du remords,
pour l’éternité,
Mais je garderai la souvenance
d’une femme aux ailes raffinées,
Dans chacune de mes perles, de mes larmes moirées.
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