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Lorsque j'avais quinze ans, garçon mélancolique,
Au cœur plutôt secret, j'aimais courir les bois
Et son calme apaisant, l'exclusive musique,
C'était celle des chants et même quelquefois
Le lascif piano d'une tranquille source.
Avec enchantement les alcôves de fleurs
Accueillaient mes espoirs, mon âge dans sa course
Fabulait de plus belle, entouré de splendeurs.
J'imaginais un ange, une femme en dentelle,
Dans une robe longue au rose extravagant.
Caressant ses contours, sa ligne sensuelle
Mon esprit combinait ce rêve intimidant.
Mon pays d'aubépine ajoutait l'envergure
Au pouvoir de mes sens, au prix de mes désirs,
Grisé par le sous-bois, folâtre par nature
Je m'évoquais l'amour et ses charmants loisirs.
Au cœur de la forêt, délicate de soie
M'esquissant une dame, un jour je l'aperçus
Au détour d'un sentier; le soleil à claire-voie
Harmonisait sa ligne, aux arbres confondus,
Sublime, elle était là, bellement ravissante;
L'ombre lui consacrait, au fil de ses longs doigts
Une trame d'aurore à l'âme flamboyante
Et je mourais d'amour, la pensée aux abois.
Je fus émerveillé par cette rose blanche,
Ses beaux yeux chatoyants, d'un souffle de candeur,
Telle une vague d'or, une aube en avalanche
Inondaient la soirée en recouvrant mon cœur.
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