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Ce soir, au coin du feu, souvenir solennel,
Plongeant dans le passé de mon adolescence
Je retrouve d'un coup l'esquisse d'un pastel;
Un océan de blé, captivant de mouvance.
Sur un chemin de fleurs, une femme était là,
Une femme, que dis-je un ange en robe blanche!
Son limpide regard, brillait d'un tel éclat
Qu'il semblait le soleil d'un merveilleux dimanche
Dérobant au torrent la splendeur de ses eaux;
Un spectacle pareil fit de moi, je l'avoue
Le plus grand des chanceux, devant des yeux si beaux
J'aurais voulu poser ce que mon âme voue
Au velours de la rose, avec des simples mots,
Aurais-je pu décrire, une telle merveille,
En la voyant venir sous les divins arceaux
J'imaginais sans mal, une voûte vermeille
Accompagnant ses pas, semblable au firmament.
C'est dire si mon cœur, devant l'être sublime,
Des perles, le joyau, s'affolait tendrement,
Elle était l'art qu'attend la romantique rime.
Élégante et concis, une ombre la suivait,
Mais sans vraiment pouvoir atteindre le prestige
De cette femme en fleur, lumineuse à souhait,
Qui semait sur mes sens un envoûtant vertige.
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