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Connaissez-vous ce modeste pays,
Dont le luxe est le vert, l'eau la seule fortune;
Ce modique terroir par les blés envahis,
Silencieux à souhait, que le merle importune,
Cultive guerre et paix dans ses ombreux buissons.
Ce clos méditatif de nature si belle,
Promet au promeneur, d'admirables raisons,
De délaisser Paris pour l'émouvante ombrelle
De ses obscurs sous-bois, retraçant la beauté
De son soir pastoral, tellement romantique
Qu'une fois, qu'on y goûte il nous fait oublier
La charmante Italie et son état mythique.
Il suffit de le voir quand rougit l'Orient
Aux offices de mai qui entrouvre la robe
De l'antique palais dont l'empire ambiant
Rappelle un territoire a l'opposé du globe.
Je sens mon cœur frémir, s'éprendre gentiment,
Dès lors que je revois, une rive fleurie
Du Cusancin, là-bas son beau miroir d'argent
Épouse chaque vers et même l'embellie
Avec l'eau de son cours, qu'enflamment les iris,
Le chant du rossignol, sans être la Voulzie
Ce ruisseau de montagne, authentique oasis
De sa voix douce berce autant que mystifie.
Ce tableau merveilleux des savoureux nassis,
Abrite des poissons que l'aube sanctifie,
A l'heure où le renard regagne son abris
Et que dans chaque pré se montre l'ancolie.
A deux pas des clochers les champs se couvrent d'or,
Où même de bétail que le climat paisible
Agite indolemment, aux jours de messidor,
Alors le Doubs devient ma véritable Bible.
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