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Si je t'écris ce soir entre le givre et l'or,
C'est bien que notre amour conserve ce goût tendre,
Ce frisson de désir, qui va du Sud au Nord
Et que l'on est bien fait pour souvent se comprendre.
Le temps des papillons occupe mon esprit,
Puisses-tu ressentir la même cavalcade,
Un semblable bonheur a celui que subit
Mon cœur, depuis quinze ans de toi je suis malade,
Mon mal est si profond que je crains de t'aimer
Bien plus que de raison, d'un temps immémorable.
Déjà mon âme sait, l'estime va durer
D'autant que ta conquête est encore valable.
Quelque chose entre nous, s'écoule lentement,
Une divine essence où se cherchent nos âmes,
Avec désir se fonde et mène au firmament.
Plus fort que l'opium, les étoiles, les flammes,
Un besoin de te voir, comme un mystique port,
Dès l'aube me poursuit, une force invincible
Qui passe par tes yeux, me dicte sans effort
Ce que mon cœur défend, la tendresse infaillible.
Sur le quai de l'amour, laisse-moi conquérir,
En admirant tes traits, les fleurs de ta pensée,
La mer qui nous appelle, encore à découvrir
Le soleil de nos doigts, cette soif enfiévrée
Dépose des œillets partout sur notre lit.
Un diadème en or, auréole ta tête,
Tu restes la plus belle avec ou sans rubis,
Chaque soir, chaque nuit refais-moi l'alouette.
Caresse-moi toujours de ton chant merveilleux,
Il entre dans mon âme et sait si bien me dire
Avec ravissement, d'un écho précieux
Que ta voix est un feu que rien ne peut occire.
Pour fonder ton palais, pas besoin de bijoux,
De mots extravagants, puisque tu sais le thème
Autant que le sujet, pour t'écrire ce "nous",
Il me suffit de peut, deux simples mots, "je t'aime".
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