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Petit enfant déjà déchiré de tendresse,
J'écrivais à ma mère en verbes assez fort
De candides envois, dont la seule richesse
Était tout mon amour, souvent avec effort
Ma pudique écriture empruntait au poème,
L'image au mille éclats, la fleur et le velours.
Je pillais le printemps pour lui dire je t'aime,
Ma muse lui disait, je t'aimerai toujours.
Même encore aujourd'hui et depuis mon jeune âge,
Je ne manque jamais de captiver son cœur;
Je l'assure en mots d'or du plus brûlant hommage
Et tous ces chers billets ont pour elle valeur.
Puisque depuis longtemps de façon romantique,
Au moins un demi-siècle elle classe mes plis
Au fond d'un vieux coffret, où dort ma sémantique,
Des lettres, des feuillets, seul les miens sont admis.
Et je sais que parfois dans la paix de sa chambre,
Elle porte un regard sur mes écrits d'antan
Quand au ciel de son cœur se régale septembre,
Les soirs où sans parler, simplement en lisant,
Lui donne ainsi l'effet, au moins de ma présence.
Si son âme l'avoue alors j'ai le devoir,
De prolonger mes dons, sans être une jouvence,
C'est un plaisir pour elle à défaut de me voir.
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