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Quand tes ravissants yeux découvriront ma lettre
Rappelle-toi surtout de notre long chemin,
Des frissons du printemps de la brise champêtre,
A l'heure où le couchant s'éloigne du matin.
Comprenant mon humeur si ton âme fragile
D'un coup peut s'émouvoir, alors j'aurai tout bon,
Ton front aura compris cette étrange concile
De mots incandescents qui vivent de ton nom.
Sous le frou-frou de fleurs comprendras tu ma biche?
Les flots de cet amour, chacun de ses remous
Et la preuve aujourd'hui qu'avec toi je suis riche,
Ton corps, tes yeux, ton cœur, sont autant de bijoux.
De lumineux sillons inondent ma pensée,
Ce bonheur fracassant que rien ne peut tarir
Fait briller dans mon cœur, ton visage en camée.
Ce site de récifs toi seul peut le fleurir.
Tes oiseaux musiciens enjolivent mon âme,
Sur les confins du temps, ils touchent mon esprit.
Ton joaillier divin sait peaufiner sa gamme;
Du rire délicat, au sourire infini,
A l'onyx de tes yeux, ton ciseleur orfèvre
De son céleste don, dut observer longtemps,
La parfaite Vénus, pour ciseler ta lèvre
Qui rapproche en douceur, l'automne de l'hiver.
C'est le fruit et la fleur que mon regard déguste;
De même le trésor ton angélique voix,
Digne écho de l'amour, du rossignol auguste;
Mais je place en premier ton éminent minois.
Si j'ose l'avouer dans la blanche dentelle,
Ce vélin d'Angoulême et un noble témoin,
Son parfum est un souffle, un frémissement d'aile,
C'est de même l'espoir, qui va toujours plus loin.
Et ce ruban discret cernant de bleu ma prose
C'est le cachet garant de mon fidèle amour,
Une façon de dire avec de l'eau de rose
Que je t'aime à mourir, plus fort de jour en jour.
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