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L'automne de ma vie est plus beau que l'été,
Après de nombreux ans, de la crypte à l'église
Le temps a pris son temps, toute une éternité.
A l'inflexible mort mon âme était soumise.
Au seuil de l'an deux mille un rossignol s'est tu,
Je vis l'or du couchant, sous l'ombre disparaître;
Tout seul au fond d'un bois, je pense avoir perdu
Les alizés d'avril, l'enchantement champêtre
Et pleurait chaque soir dans le jour finissant,
Tous les bruits du ruisseau réveillaient ma blessure.
Un amour éternel mourrait infiniment,
Le bonheur conjugal connaissait la césure.
Mon esprit égaré refusait le combat,
Sous le joug du malheur, au seul nom de ma belle
Mon cœur s'écartelait dans un vaste Delta,
Autour de ma maison plus aucune hirondelle.
Dix ans plus tard, été deux mille neuf, au soir
L'amour frappe à ma porte, un chaleureux message
D'un rayon de soleil, m'apporte un peu d'espoir;
Un essaim blanc de fleurs retouche mon rivage.
C'est un autre printemps qui va naître et fleurir,
Au feuillage nouveau la douce enchanteresse
Fit dans mon cœur son nid, que l'aube vint bénir.
Depuis quinze ans déjà, l'amour jamais ne cesse
D'être un bel arc en ciel, aux lyres de nos doigts,
Espérons qu'il perdure et repousse le marbre.
Où palpite un poète, un rêve est aux abois,
Ainsi pour nos prénoms, où mieux que sur un arbre
Peuvent-ils ramagés, hiver comme printemps.
Au berceau d'un vallon sous la verte charmille;
Perçu des amoureux et par nombre d'enfants,
En plus d'être bénit par la grive gentille.
C'est l'exaltation qui fait le pèlerin,
Si vous me demandez pourquoi j'écris encore,
Je pourrais vous répondre, honnête et souverain,
Pensez donc aux oiseaux qui célèbrent l'aurore.
Peut-être que la mort n'effacera le sceau
De l'émouvant cahier, accueillant l'écriture,
Peut-être son écrin, servira de tombeau
A nos vers emmêlés, sur la même parure.
Je suis atteint d'un mal qui ne connait de maux,
Sous l'azur et les fleurs, la douceur est extrême,
Notre univers est fort et passe par les mots,
Le printemps ressuscite au pouvoir d'un je t'aime
Et si j'ose espérer l'apothéose en or
Et l'heureux dénouement visant l'inaccessible,
L'illimité bonheur et de l'amour encor,
Jusqu'à ma dernière heure au-delà du possible
Pour toujours lui promettre, une immortalité,
Celle de notre amour, afin qu'il recommence
Chaque fois qu'un regard relira l'art sacré
De nos fiévreux écrits, la juste récompense
D'un mutuel respect, sans l'once d'un effort
Au seul fait d'un sourire égale à la puissance
Tutoyant l'irréel, rendre inculte la mort,
Brûler d'un même feu, d'une semblable essence.
Oh! vanité de l'être où l'orgueil vaut de l'or,
Au plaisir d'un concert le monde nous convie,
Pour une fois de plus connaitre messidor,
Puisque l'amour nourrit les flambeaux de la vie.
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