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Pourrais-je comme vous exprimer des symboles?
Pas seulement de fleurs, d'amour ou d'abandons,
User d'extravagant dans mes vers, mes paroles,
Souffrir mésalliance et tristes horizons.
Interroger l'Enfer, les langues souterraines,
Être ami de Charon, des mortelles beautés;
Pratiquer maints divans, connaître mille peines,
Mourir cent fois ma vie au poison des cafés?
Ce taciturne enjeu me donne le vertige,
Ces cafardeux cachets ils ont un goût maudit,
Appréciant l'esprit, sans lorgner le prestige
Je préfère le jour, aux lueurs de la nuit.
Et jamais le curare envenime mon encre,
Une douceur m'écrase, un lys fleuri en moi,
J'épouse la beauté, jusqu'à le cœur m'en fendre.
Cette reminiscence est-ce d'ailleurs ma foi?
Sans mal, pas plus d'effort, un sain besoin me mène
Au paisible plaisir, au dénouement heureux,
Je recherche l'esprit,le beau de l'âme humaine,
L'ambre et le frisson clair des verbes langoureux,
Et le souffle me manque au supplice posthume,
Le ver ne rongera ni mon alexandrin,
Pas plus d'ailleurs ma rime, aucune ombre au costume,
Si je répands le sang, c'est seulement du vin.
Acceptez de mon encre une tendresse extrême,
Je tairai tout l'amour que me prête une voix
Et les divins accents pour dire combien j'aime
Mais vous savez déjà je l'ai dis tant de fois.
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