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Le voyageur
Il est venu un jour
Avec ses yeux d’ailleurs
Qui semblaient vouloir dire
Je viens d’un fier pays.
Il n’était que silence
Quand on cherchait ses mots,
Et on le disait fou
Quand il ne voulait rien
Qu’une paix solitaire.
Des chemins de la terre
La boue sous ses chaussures
Séchait en plein soleil
En craquant de partout.
Il n’y avait pas de lieu
Où fixer ses errances,
Et jamais de passion
Pour l’empêcher de voir
Où le mènent ses pas.
Il s’est arrêté là
Dans notre vie à nous
Rien qu’un jour rien qu’un soir
Pour poser son grand sac,
Et dès le lendemain
Il a repris la route
Qui n’était pas je crois
Celle de son pays
Que l’on croyait si fier,
Mais rien qu’un sentier nu
Qui va vers nulle part.
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