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C'était en août devant la chatoyante mer
Des blés, sentant leur or, pénétrer dans mon âme,
Alors que le soleil, de son cafetan clair
Habillait la forêt d'une pâle oriflamme.
Rêvant sous la ramure, au baptême du soir,
Pendant qu'un rossignol dans l'air, semait des perles;
Saisi par son élan d'amour pour le terroir,
J'écoutais son archet, faisant taire les merles.
Cet artiste cousait au revers des œillets,
La robe de la nuit, son auguste maîtrise,
Apaisant la vêprée, atteignait des sommets.
J'étais au Paradis dans cette verte église
Et pourtant quelque chose, au fond de moi, pleurait;
Tandis que doucement s'étendait la pénombre,
J'avais dans la mémoire un émouvant secret,
Le tragique bonheur, en retrouvant une ombre,
Celle dont le prénom, s'affiche sur un tronc,
A deux pas de ce champ que le soleil inonde;
Un fleuve de silence étreignait ma raison,
J'étais sur mon esquif au bord même du monde.
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