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A l'âge des émois, en pleine adolescence;
D'une jeunesse en fleur belle idéalement
J'étais amoureux fou, d'un geste d'éloquence
Me vint le beau projet, d'un envoi complaisant.
Écrit avec amour, cette petite lettre,
Je la revois toujours dans son art innocent
Et le besoin de plaire, avant même d'omettre
Le but de ce billet, mon poème plaisant,
Sans hésitation, honorait son sourire
Avec des mots en fleur dépassant ma raison,
J'annonçais d'un seul trait, ce que j'avais pu lire,
Dans son charmant regard, ainsi que sur son front
Je comparais ses yeux aux éclats d'une source
Où miroitait le soir, de doux rayonnements;
D'un style adorateur, ma plume dans sa course
Avec de clairs joyaux éclairait son printemps.
Un tiède et doux pouvoir inondait d'or ma page,
Celui de mes désirs se doublant d'un espoir
Au combien salutaire, offrant à son visage,
Aux travers de mes vers, un éminent miroir.
Ce pli que je relis n'a pris la moindre ride,
Son gage précieux, rappelle à mon esprit,
Les bonheurs d'autrefois d'une époque candide
Où ma verve sans peur promettait l'infini.
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