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Quand je reviens chez moi, sur ma terre Comtoise,
Au modeste pays des vallons verdoyants,
Il suffit que mon cœur, fraîchement apprivoise
L'odeur tendre des blés comparable à l'encens
Pour que ce lieu divin me rappelle à l'enfance.
C'est au bord du Dessoubre, havre du promeneur,
Que me guide mes pas, sous la verte opulence
Je me retrouve enfant et l'eau vie est ma sœur.
C'est là que le Dessoubre et le Doubs se marient,
Sur ses rives souvent, véritable tableau,
L'herbe fait un tapis que les fleurs sanctifient;
Dans ce coin merveilleux je vénère l'oiseau.
C'est ici que j'aurais aimé plus qu'ailleurs, naître;
A la saison des beaux couchants, c'est un palais
Magique, criblé d'or, un Paradis champêtre
Qui semble un nid de foin, dont le ravissant dais
Est une âme émeraude accueillant le mystère,
Son cours d'eau salvateur ruisselle au creux d'un bois,
Diligent le soleil de façon légendaire,
Il gronde assez souvent, mais murmure parfois
Un air si beau qu'il peut séduire tout poète
Amoureux des chants fins, des requiems touchants;
Lorsque l'obscurité, nuance sa palette
Et que le jour s'éteint plein de ruissellements
Chaque rive ombrageuse est une cathédrale,
Un infini mouvant, enluminé de paix,
Que verse la douceur de l'ombre végétale
Éternisant les sons, caressant les archets.
Le teint de son miroir est un frisson d'étoile,
Fécondant le pollen venant de l'Occident.
Au matin ses abords se recouvrent d'un voile
Consacrant chaque fleur qui nous parle d'antan.
En remontant le temps je savoure sans craindre,
L'embrun des souvenirs qui coule de mes yeux;
Pour ne laisser jamais la flamme en moi s'éteindre,
J'esquisse quelques vers, sincère et précieux.
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