|
Nous marchions mains unis, sur la plaine paisible,
Autour de nous mouvait toute une mer de blés,
Le soir de cuivre et d'or de façon infaillible
Alimentait le feu de nos futurs pêchés.
Je te trouvais si belle, unique dans ce monde,
Qu'un rayon de soleil éblouissait mes yeux;
Ton élégance ombreuse et ta grâce profonde
Sublimait ta beauté, ton galbe merveilleux.
Au loin à l'horizon des braises rougeoyantes,
Des ors incandescents nous séparaient de tous.
Prête à nous recevoir la caresse des sentes,
Le baume des senteurs nous faisaient les yeux doux.
Je songeais à ta chair, tu rêvais d'une niche
Au berceau de l'orée où l'herbe fait un drap;
Mon Dieu, j'étais heureux, d'être de toi, si riche
En respirant l'air pur sous un ciel d'apparat
Nous pouvions ressentir les douceurs d'une messe,
Je goûtais dans tes bras l'ineffable bonheur
De connaître la paix, l'émouvante tendresse;
Un chaud ruisseau de fleurs s'écoulait de ton cœur.
La tranquille langueur de ce pays de rêve
Accompagnait nos sens; que j'aimerais finir
Ma vie entre tes doigts et en t'aimant sans trêve
D'un amour si loyal, qu'il ne puisse mourir.
|