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L'OUBLI
Je suis né sous un jour de solitude nue
Avec dans mon berceau l’absence d’un sein pur,
Tandis que mes cris mêlés au silence dur
N’avaient pour seul écho que des voix inconnues.
Le ciel de ma naissance était d’un gris d’errance
Et mon destin comme scellé d’ingratitudes ;
Alors pour lutter contre ces incertitudes
Je fermais mon âme sur tout ce monde immense.
Je devins cet être inachevé et perdu
Dans les méandres de sa pensée vagabonde,
Et si je fus privé des caresses fécondes
Je connus l’ivresse de la vie éperdue.
J’oubliais l’antique grisaille solitaire
Pour me fondre dans le cœur des foules vibrantes
Et vaincre à jamais ce fléau assourdissant
De mon ingrate destinée sur cette terre.
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