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Souvenirs d'enfance

le lundi 17 février 2025, à 09:50. Posté par plumeflore


    Si je laisse la nuit ma mémoire entr'ouverte,
    Des souvenirs d'enfance en gouttes de soleil
    Irisent ma pensée et cette fuite offerte,
    Me mène aimablement, frémissement vermeil,
    Dans la classe d'école où mon bonheur décline;
    J'ai huit ans, malheureux, les livides carreaux
    Pour moi, sont des barreaux, je rêve d'étamine
    De la rive du Doubs et de ses vives eaux,
    Des lancinants frissons aux robes du feuillage
    Et de jolis coins d'ombre annonçant la couleur;
    Avoir la liberté mais c'est pas de mon âge;
    Pour devenir un homme il faut une valeur.
    Le maître avait raison, le savoir nous libère,
    Souvent il est trop tard quand le cancre, comprend
    Combien ces cours gratuits nous étaient salutaire;
    Certains savent le prix, dont la prime dépend.
    Il fallait obéir et puis apprendre à lire
    La craie, entre les doigts caressait le tableau,
    Moi, qui faisait des fleurs, avant même d'écrire,
    Je rendais au ciel, l'encre et la plume à l'oiseau.
    Je n'étais pas instruit mais déjà la lecture,
    Silencieusement, enchantait mon esprit,
    Voyager sans bouger, c'était là ma nature,
    Amoureux des romans je lisais même au lit.
    Je revois le pupitre estampillé de lettres
    Et l'imposant tableau, témoin du non savoir,
    De ma grande ignorance où surent se soumettre
    Tous mes rêves d'enfant et mes soifs de pouvoir.
    Drôle de garnement j'avais si peur des filles,
    La récréation, c'était de bon moments,
    Pour l'espace des jeux et puis celui des billes.
    Riche de ce passé c'est sur l'aile du temps
    Que ma plume naufrage et nomade, s'envole,
    sur l'écume du vent, vers ma verte Comté
    Auprès du vieux tilleul, dans la cour de l'école.
    Mon rossignol(cœur) s'émeut de ce retour doré.
    Je les aime aujourd'hui ces souvenirs d'enfance,
    De plus d'un demi-siècle ils méritent je crois,
    Ici, ces quelques vers, que ma plume dépense,
    Avec cette saveur le spleen est aux abois.
    Jeudi de papillons et de mésanges bleues,
    Je veux entendre encore au glas du temps jadis,
    Le murmure des bois, celui des hochequeues,
    Retrouver le parfum des bleus volubilis.
    Il rôde autour de moi de saisissants visages,
    Aucun n'est mort, tous là, ensemble revenus,
    Mélancolie oblige, il faut vivre son âge,
    J'allume à mon foyer des rêves révolus.

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
José le mardi 18 février 2025, à 08:40
Un beau poème mélancolique à double titre, on y trouve la mélancolie du poète adulte posée sur celle de l'enfant qu'il fut, petit 'prisonnier' de l'école... Mais cet enfant que l'on sent peut-être un peu introverti, n'était ni triste, ni pessimiste dans sa salle de classe... il trouvait son bonheur et son équilibre, à travers "les livides carreaux", dans la contemplation "du murmure du bois, "celui des hochequeues" ou encore dans "le parfum des bleus volubilis".
Merci Marc, bonne journée

imparfaitlibre le mardi 18 février 2025, à 10:12
Bonjour Mrc,
Un poème qui me touche beaucoup car j'ai l'impression de revivre ma propre enfance en lisant tes mots....
La morale était écrite au tableau et la valeur de la vie était l'enseignement de chaque jour alors que dehors chantait le rossignol et volait la mésange en emportant avec elle la liberté de l'enfance.
Merci pour ce moment de vie qui bouleverse l'esprit de l'adulte que nous finissons tous par devenir.
Belle journée à toi
Bises poète Marc

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