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Aujourd'hui le printemps, fidèle au rendez-vous,
D'un friselis d'oiseau murmure à mon oreille;
Partout des prés en fleurs que le soleil absous,
Un chant du renouveau qu'angélise l'abeille.
Pourtant au fond de moi, cet émouvant bonheur
Fait l'effet d'un tocsin que rien ne peut occire;
Je pense à toi mon père et ce vent de fraîcheur
Rappelle à ma raison ce besoin de te dire
Que tu manques beaucoup à tout mon quotidien,
Aux rires de ma vie, autant tu peux me croire
Que me manque ta voix et surtout sache bien
Qu'aujourd'hui mon présent, sans être un purgatoire
Se retrouve souvent si loin de l'idéal.
La cruelle douceur, fonde mélancolique
Des pages de chagrin, sur un fond musical
Qui ne déplairait pas, à ce passé sadique
Qui pose sur mes yeux, de poignants souvenirs,
Au banquet de mon soir rejaillissent les heures,
Luminescents cadeaux, comme autant de saphirs;
Tous ces jolis moments ne furent point des leurres.
Comment peut-on guérir de ce bonheur ancien?
Cet horizon lointain que l'absence incendie,
Te voir encor vivant ça fait un mal de chien;
Mais avec ces clichés mon âme communie.
Avec toi, j'aimerais reprendre le chemin
Qui mène au bord du Doubs, pour taquiner la brème;
Être encore l'enfant qui serrait fort ta main,
Cet enfant qui n'osa dire combien il t'aime.
Je veux croire aujourd'hui qu'il n'est jamais trop tard,
Accepte cet aveu, c'est à titre posthume,
J'ai le manque de toi depuis ce lourd départ,
C'est bien tout mon amour que cet écrit résume.
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