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A l'âge de l'espoir, du tendre étonnement,
Vers l'âge de dix ans, je croyais aux princesses
Et goûtant au bonheur d'un rêve nonchalant,
Je berçais mon esprit de pensives caresses.
Pour mes sens, chaque fleur, légitime encensoir,
Enseignait mes désirs, plus qu'un honnête livre;
Ne sachant de l'amour, que don et recevoir,
J'imaginais son cours, comme un chemin à suivre.
Ma tête tourmentée élaborait des choix,
Mon cœur manigançait l'inestimable approche,
Un ange aux cheveux d'or, dont le regard d'un poids,
Par de vives clartés, tel un éclat de broche
S’immisçait dans mon cœur, semant jusqu'à ras bord
De somptueux accents, dont l'âme se délecte,
Le destin sensuel par un magique accord
Reliant tous mes vœux par un tracé directe
M'allouait l'élixir, que l'abeille défend;
Un rosaire de mots caressait mon silence;
C'est un ample bouquet, plus beau qu'un firmament
Que je rêvais d'offrir a cette blonde infante.
J'eusse aimé percevoir des saphirs dans ses yeux
Où le vert délicat que la douceur ravaude
Sur les bois ajourés du Morvan merveilleux,
Où même la fraîcheur d'une source de l'Aude.
Au moment ou le soir interroge le vent,
Que les chants des oiseaux deviennent vénérables,
Assis parmi les fleurs d'un romantique champ,
J'aurais couvert son corps de roses véritables.
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