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Ne croyez que l'amour s'efface avec le temps,
Son foyer fabuleux que rien ne peut atteindre
D'un sincère contrat distille de l'encens;
Sa flamme au fond du cœur qui ne saurait s'éteindre,
D'un amour en bouton reste toujours vivant
Quel que soit le destin, débâcles ou conquêtes,
Il reste dans la nuit un mât incandescent
Et sa nativité, qu'écrivent les poètes
Est une tombe ouverte où le rêveur apprend
Qu'il est des rendez-vous, parfois plein de mystère
Aux confins du passé, plus beau que le présent,
Que tout vieil amoureux, à tout autre préfère.
Après bien des chagrins et plus de quarante ans,
Je pense encore à vous plaisante jouvencelle.
Le temps fuit, mais voilà, me revient ce printemps
De l'an soixante-quinze où tendrement se mêle
Un parfum de vanille à celui précieux
De revoir cet instant, dans l'or des hautes herbes
Où je vis le soleil incendier vos yeux;
Je puis dire aujourd'hui que vos lèvres superbes
Affolaient tous mes sens; que je donnerais cher,
Pour revivre une fois, cette heure suspendue,
Dans la moisson des blés, aux vagues d'une mer
Belle éternellement; que ma soif perpétue.
Que j'aimerais avoir dans un coffre secret
Où même simplement au cœur d'un livre antique,
Une rose, un œillet, que vos doigts ont touchés,
J'aurais pour mes vieux jours,une aimable relique.
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