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Parfois le soir au bois, une simple cantate
Réveille les échos de nos beaux souvenirs;
L'archet d'un rossignol sous la ramée, éclate...
Ce qui plait à nos sens c'est ses divins soupirs.
On dit en ces moments, sommet de la tendresse,
Qu'un ange nous visite, un sentiment si beau,
Si grand ravive en nous l'éternelle jeunesse.
L'écrin de la nature est comme un doux berceau,
C'est le livre où se lit tout l'or de la pensée
Et la mélancolie en augmente son prix;
Sans poids, renaît alors toute joie effacée,
Sa prévenance intime est un bonbon exquis.
Son fleuve débordant est une délivrance,
Des larmes au sourire arrive la douceur
Dont les sons inspirés caressent le silence,
Cette prière au ciel rappelle la valeur,
Puisque l'amour, le vrai ne connaît de limite,
De nos bonheurs passés au chevet du printemps,
Insufflé par les fleurs, quand tendrement s'agite
Le tocsin d'autrefois si cher à nos parents.
Nous retrouvons parfois dans un nid de verdure,
Le soleil de nos dons plein de félicité;
Un bruissement léger qu'une source murmure
Provoque en nous le miel que procure l'été.
Nous savons que là-bas sur le tronc d'un vieux chêne
Est gravé le prénom de notre prime amour,
Le feu de cette histoire avec force ramène
L'envol de la raison, vers cet heureux retour.
Même si ce palais n'est plus qu'une ruine,
Cet immortel Eden garde encore l'odeur,
Délectable à souhait de la douce aubépine,
Fragile papillon d'un rêve ambassadeur.
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