|
Le soir tombait. Tristesse et grande affliction !
C'était l'hiver, ce grand consommateur de rêves;
La nature pleurait la débâcle des sèves,
Ses beautés délabrées et son ultime haillon.
Dans la combe embrumée tintait un carillon.
Des vagues d'oiseaux noirs qui tournoyaient sans trêves,
Couvraient tout l'horizon où les astres se lèvent,
Traçant dans le ciel blanc un sinistre sillon.
Le laboureur chétif amoureux des tempêtes,
Lutte contre le vent qui troue ses oripeaux.
Il va péniblement en poussant ses troupeaux
Jusqu'à l'étable sombre où s'entassent les bêtes.
Et sur ce minéral, gigantesque décor,
Il s'enivre de brise et de glace du Nord.
|