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Je n'ai jamais rampé devant l'ombre d'un Dieu,
Pas plus devant l'argent, combien je suis fragile
Pourtant, face à ma mère où la beauté d'un lieu,
Le plus modeste oiseau peut me rendre docile
Au point que sourd en moi, le tendre sentiment.
L'or, d'un soleil couchant, l'extase, d'un silence
De pair avec la nef, me touche infiniment;
Mêlant mots, à l'azur, tant ma soif est d'enfance.
J'ai construis mon bonheur loin des plaisirs pervers
Refusant le fracas qui mène à la victoire,
Même si le clinquant s'écoule de mes vers,
Je déteste au combien les potins de la gloire.
La campagne Comtoise et son beau manteau vert,
Au cercle du printemps d'un régal illumine
D'autant plus ce pays, que plus tard c'est la mer
Des blés parsemés d'or, qui de beauté culmine
Aux faîtes de mon cœur. lorsque candide enfant
Je respirais les fleurs, les sentes flamboyantes,
J'aimais déjà l'exil dans les pages du vent.
Sous le couvert secret des tonnelles vivantes
J'écoutais les oiseaux, les cordes d'or, de l'eau;
En buvant la douceur des vertes cathédrales,
La paix de ces chers lieux envahissait ma peau
Et je tournais en vers mes quêtes triomphales.
A l'âge de douze ans l'amour battait mon front,
Mon esprit bourgeonnait, cherchant une réponse
Au début d'un phantasme, à l'étrange frisson
De ce feu quotidien, que le désir annonce,
L'image d'un jupon me causait tant d'émoi
Que c'est des vers galants que je rêvais d'écrire,
L'amour avait semé les roses d'une foi
Sans cesse grandissante, au seul fait de me dire
Que j'étais amoureux, jetait dans mon esprit
Des rêves immoraux, au vertige érotique,
Un monde merveilleux colorait mon esprit,
Si loin, si divergent de ma soif romantique.
Pourtant puisque à la fin mon vœu est exhaussé,
N'ayant point pour valoir d'extravagante lyre,
Ni même échelle en soie, il me reste une clé,
Lascive et musicale, elle, m'offre un empire.
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