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Tout un pan de mon coeur

le vendredi 19 décembre 2025, à 00:20. Posté par plumeflore


    Certains de mes amis doivent se demander,
    Pourquoi suis-je envoûté par la terre Comtoise
    A ce point, pourquoi donc je veux la retrouver?
    Mais demande-t-on au geai d'une façon sournoise

    Pourquoi est-il fidèle a son terroir natal?
    N'a-t-il pareillement la même dépendance?
    Pour l'endroit vénéré qui reste sans rival;
    N'est-il pas légitime au lointain de l'enfance

    D'être reconnaissant pour le coin où brilla
    L'astre de son matin; ici même où ma mère
    Par un acte d'amour tendrement engendra.
    C'est tout l'attachement de ce morceau de terre

    Paisible et reposant, au décor merveilleux
    De mes premiers baisers en l'an soixante treize
    Sur le bord d'un cours d'eau qui demeure à mes yeux
    D'un or inestimable; une émouvante braise

    Se propage en mon for dès lors que j'aperçois
    Au detour d'un lacet l'aire de mon église
    Voisine d'une école où mes sens aux abois
    Honorèrent si peu, cette écriture exquise

    A présent qui m'enchante et d'en être amoureux,
    Dont la raison ignore où se trouve la source,
    Peut-être est-il un livre? au fait de ce plaisir,
    Ce volume est d'Hugo, cette oeuvre dans sa course

    Caressa mes désirs, ainsi que cet amour
    Que seule une maman peut être coutumière;
    A l'aune des moissons, en juin je vis le jour
    Dans un lieu de Comté si riche de lumière

    Que les champs et les bois enchantaient l'âge d'or
    De mes primes amours, à l'heure des jonquilles,
    Les bras chargés de fleurs, le Mont-Bart pour décor
    J’aiguisais mon esprit, tout en rêvant de filles.

    Je prête à ces endroits des sentiments profonds,
    Quand l'eau vive me parle avec tact, il m'arrive
    D'être "aux anges", si bien que de brûlants frissons
    Enveloppent mes sens, qu'une muse lascive

    Susurre à mon oreille un chapelet de mots
    Si riche de soleil, que des essaims de roses
    Caressent mon esprit, des perles, des échos
    Écrivent dans mon ciel de merveilleuses choses.

    En retrouvant mon toit, aux jours du bel été,
    Je redeviens l'enfant qui rêvait de nature,
    De fleurs, de papillons, ici je fus comblé;
    Délicieux pays je garde ta morsure.

    Ivre de ta douceur, cachets ou sceaux d'argent,
    J'ai gravé deux prénoms sur le tronc d'un vieil arbre,
    Tout un pan de mon cœur est en terre à Bavans,
    Une princesse y dort sous le drap lourd d'un marbre.


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