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Certains de mes amis doivent se demander,
Pourquoi suis-je envoûté par la terre Comtoise
A ce point, pourquoi donc je veux la retrouver?
Mais demande-t-on au geai d'une façon sournoise
Pourquoi est-il fidèle a son terroir natal?
N'a-t-il pareillement la même dépendance?
Pour l'endroit vénéré qui reste sans rival;
N'est-il pas légitime au lointain de l'enfance
D'être reconnaissant pour le coin où brilla
L'astre de son matin; ici même où ma mère
Par un acte d'amour tendrement engendra.
C'est tout l'attachement de ce morceau de terre
Paisible et reposant, au décor merveilleux
De mes premiers baisers en l'an soixante treize
Sur le bord d'un cours d'eau qui demeure à mes yeux
D'un or inestimable; une émouvante braise
Se propage en mon for dès lors que j'aperçois
Au detour d'un lacet l'aire de mon église
Voisine d'une école où mes sens aux abois
Honorèrent si peu, cette écriture exquise
A présent qui m'enchante et d'en être amoureux,
Dont la raison ignore où se trouve la source,
Peut-être est-il un livre? au fait de ce plaisir,
Ce volume est d'Hugo, cette oeuvre dans sa course
Caressa mes désirs, ainsi que cet amour
Que seule une maman peut être coutumière;
A l'aune des moissons, en juin je vis le jour
Dans un lieu de Comté si riche de lumière
Que les champs et les bois enchantaient l'âge d'or
De mes primes amours, à l'heure des jonquilles,
Les bras chargés de fleurs, le Mont-Bart pour décor
J’aiguisais mon esprit, tout en rêvant de filles.
Je prête à ces endroits des sentiments profonds,
Quand l'eau vive me parle avec tact, il m'arrive
D'être "aux anges", si bien que de brûlants frissons
Enveloppent mes sens, qu'une muse lascive
Susurre à mon oreille un chapelet de mots
Si riche de soleil, que des essaims de roses
Caressent mon esprit, des perles, des échos
Écrivent dans mon ciel de merveilleuses choses.
En retrouvant mon toit, aux jours du bel été,
Je redeviens l'enfant qui rêvait de nature,
De fleurs, de papillons, ici je fus comblé;
Délicieux pays je garde ta morsure.
Ivre de ta douceur, cachets ou sceaux d'argent,
J'ai gravé deux prénoms sur le tronc d'un vieil arbre,
Tout un pan de mon cœur est en terre à Bavans,
Une princesse y dort sous le drap lourd d'un marbre.
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