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Le soir descend du vallon et l'astre à son couchant
Telle une barque d'or disperse l'empyrée;
Comme une braise ardente au nid de l'Orient,
Des confins de la plaine arrive l'enchantée.
C'est d'abord un linceul au galbe évanescent
Et puis discrètement, alors que l'ombre mange
Les bleus frissons du jour, s'avance au gré du vent
Sous les traits d'une fleur, le plus authentique ange.
Au cœur de la Comté, timide Paradis
Tremblent des ailes d'or, silence à l'heure blonde,
Juste entre chien et loup, dans un décor exquis
Se présente à mes yeux la plus belle du monde.
D'où sors cette beauté, des roses où du ciel?
Dans les derniers rayons, que sa beauté embrasse
Chaque grain de sa peau semble un éclat de miel;
Femmes, bijoux ou fleurs rien n'égale sa grâce.
Voluptueusement s'égosille un oiseau,
Est-ce le rossignol, sa voix est un délice
Et murmure à mon cœur la chanson du ruisseau.
Je subis à présent le plus brûlant supplice,
Et face à ses beaux traits, où mon regard se perd
Je vois jaillir les feux d'une naissante aurore,
Comme des diamants qui neige sur la mer
C'est un charmant tableau que mon âme dévore;
Simplement l'entrevoir, pour moi est un bonheur,
Alors si d'une aubaine un fétu d'air soulève
Un seul pan de sa robe où même une soie sœur,
Je peux sans mal me croire au beau milieu d'un rêve.
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