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C’était un ami…
Un pote…
Un frère…
La famille, quoi.
On causait plus trop, tu sais,
Pas par manque d’amour,
Juste à cause des gens, des histoires, des rumeurs.
Un cousin, un frère,
Qu’on a protégé comme on pouvait,
Même sa misère, on l’a cachée sous le tapis,
On lui tendait la main,
Mais lui, il avait plus rien…
Juste son venin.
On l’a sauvé une fois, deux fois,
On s’est pris la tête avec les pompiers,
Avec les médocs,
Avec la vie qui voulait plus de lui.
Il a juré “j’bois plus”,
Mais en sortant il a dit :
“Prends une bouteille de sky.”
Comme si l’alcool ....
On n’a pas eu d’au revoir.
Rien.
Juste un silence qui pèse encore.
Il s’est retrouvé sans taf,
Avec les dettes,
Et tout le reste qui te tombe dessus quand t’es déjà à terre
Alors on s’est regroupé,
Les cousines, les tantes, les belles-sœurs,
Parce qu’à plusieurs on est censés être plus forts.
Mais dans la famille,
On parle de rien.
On garde tout dedans,
On pleure chacun dans notre coin,
On va au parloir,
On s’accroche comme on peut,
Avec les ongles, avec le cœur.
Il est là, encore,
Dans nos souvenirs,
Dans les photos qui brillent sur les réseaux,
Ces images qui mentent un peu,
Où on le voit rire, faire la fête,
Et on se dit :
“Il avait l’air heureux.”
Mais le poison du silence,
Ça se voit pas sur les photos.
La vie continue,
On sait même pas pourquoi.
On a nos problèmes,
Nos combats pour la justice,
Pour les valeurs…
Mais parfois tout ça,
Ça ressemble juste à du vent.
On va te dire adieu,
Sans savoir si là-haut,
Y’a un dieu pour t’accueillir
Sans te juger.
Et on sait très bien
Que les mots ramènent personne.
Y’a juste une phrase,
Une phrase à la con
Qui tourne en boucle dans nos têtes :
Fallait pas que tu partes. 
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