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JETEES A LA BENNE
Elles ont grandi, les louloutes,
Mathilda, Lulu, Lee Lou, mes déroutes.
Moi j’ai peint des mondes sur des toiles muettes,
Lui, le père, m’a noyée dans ses tempêtes.
Des couleurs pleines de passion,
Mais lui, zéro compassion.
Un style pas très clean, la nuit, le jour,
Il n’a vu que l’ombre, jamais l’amour.
Quelques larmes dans la pénombre,
Il voulait que je tombe, que je sombre.
Il ne voulait pas de moi,
Alors il a voulu que rien ne reste, même pas mes pinceaux.
Mes croûtes ? Dans la benne, comme des fautes à oublier,
Sur ses mots, ses sarcasmes, j’ai refusé de plier.
Des visages, des idées, sa nouvelle elle a pas kiffé,
Mais moi, j’suis pas partie, j’suis pas jetée.
Je suis debout, même si la porte
S’est refermée ce soir-là, sans escorte.
Dans son blazer bleu foncé,
Son jean délavé, son cœur effacé.
Je peins encore, même si ça dérange,
Et mes petites pépettes, je vous garde dans mes mélanges.
Dans mes couleurs, dans mes traits, dans mes cris,
Vous êtes mes mélanges de souvenirs
mes faiblesses et je vous garde dans ma tête
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