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Il me souvient d'un temps, d'une vie ordinaire
De souvenirs lointains passer au fond des bois;
J'ai pour mon sol natal un amour légendaire
Tout remplis des clartés du soleil d'autrefois.
L'innocence est là-bas, source pure où frissonne
L'archet bleu du printemps aux suaves reflets,
Quand la fleur près d'éclore au poète abandonne
Son délicat message en divins chapelets.
Oh! saison verte et jaune où tendresse sans trêve
Au gré des jours musait sur nos moulins à vent,
Course désordonnée au doux galop d'un rêve
Éperdument heureux, fenêtre ouverte au champ.
Élan sincère, encens d'une âme à l'apogée
Ouvrant ses ailes d'or, pour suivre son bonheur
Sur les hauts de Bavans. aujourd'hui ma pensée
Comme une souvenance est cette belle fleur
Au revers d'un talus qui s'entrouvre à l'aurore
Pour le plaisir des yeux, évidemment gratuit;
Ainsi qu'un vrai miracle où le temps commémore
Un amour qui serait d'un pouvoir infini.
L'houblon des souvenirs enivre ma nature,
C'est une mer immense aux rêves printaniers,
Qui sur la page écrit, sans la moindre rature
Le livre de l'enfance et l'or pur des greniers.
De bleus volubilis en tous sens s'enchevêtrent,
L'hirondelle est présente ainsi que le flot blond
Que procure l'été, c'est le miel de chaque être,
C'est bien cette douceur qui teinte ma raison.
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