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Sur l'éternel linceul l'amour ne meurt jamais,
Même du temps jadis, son onde se propage
Et l'on entend encore à l'aune du décès,
Débordant de douceur son étrange ramage,
Un peu comme en juillet le soleil disparu
Laisse toujours aux cieux, une touche émouvante;
Subsiste un souvenir, un aléa vécu
Qui poursuit son chemin comme la douleur, hante.
Des images, des mots refont surface un jour,
La langueur de leurs traits obsède la mémoire
Et entrouvre un cher livre aux pages de velours;
Alors remonte aux yeux la fièvre d'une histoire,
La saveur d'un baiser qui touche au plus profond
Ressuscite une date en retrouvant la flamme,
Le goût de cet instant que verse le flacon
Sur la neige des sens, tout le bonheur d'une âme.
Tels sont les beaux secrets que le rêve nourrit,
Que la distance accroît d'un jeu de pierreries;
Il faut aimer le jour, pour le fonder la nuit,
Qui n'aime pas l'ampleur des fines broderies.
Je sais bien que demain à l'ombre des cyprès,
Mon corps ne sera plus qu'un amas de poussière,
Mais l'ombre versera son obscure lumière,
Puisque ne peut mourir les serments sans regrets.
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