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Accepte ce poème, écrit avec amour,
Pour tresser crin à crin ta couronne ma mère
J'ai suivi le chemin de la nuit jusqu'au jour,
Pour entendre chanter l'auguste solitaire*
En ce matin de mai, je te livre mon cœur
Où le muguet côtoie une rencontre d'anges;
L'églantine est ma plume et l'encre en ton honneur
Exhale un chaud parfum, dans l'âme ces mélanges
De roses et d’œillets harmonisent mes mots,
L'amour y coule à flots, sur un lit de tendresse
Où cascadent des lieds, mon chant est leurs échos,
Il mime un oiseau-lyre, écoute sa caresse.
Toi qui sait mieux que moi tout ce que saigne un cœur,
Tant le mal fait son nid dans l'arbre de l'absence;
Des grâces de l'archet s'échappe un tendre pleur,
Dans mon esprit soudain, c'est la troublante essence.
En couvrant mon linceul d'inaltérables vers
Je sais que mon amour est le plus beau du monde,
Il surpasse à lui seul les diamants d'Anvers.
Ma poignante maman, ce bonheur qui m'inonde
Il déborde en ce jour, comme un fleuve insoumis
Et coule de mes yeux une émouvante larme,
C'est le gage évident qu'un sentiment trahit
Quelque chose de pur dont le texte est le charme.
En déposant mes fleurs sur le plus doux papier,
Aussitôt j'ai besoin d'un fil pour ta parure,
L'araignée y coud l'aube, afin que ce collier
D'un chatoiement rutile autant qu'une dorure.
L'amour qui chante en moi s'élève vers les cieux
Et jamais ne descend, chaque jour, il te fête,
C'est un doux rossignol dont le rêve précieux
Et bien de présenter le sacre sur ta tête.
*Le rossignol
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