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C'est par un soir de mai, quand l'astre sur les champs
Étend sa nappe d'or, au moment où la biche
Délaisse le couvert pour les blés opulents,
Que le voudrais t'écrire une lettre si riche,
Si douce, qu'elle aurait le pouvoir de l'amour,
Celui de la tendresse et l'art de la dentelle;
D'un même chatoiement que les noces du jour.
Une brochure, au charme, à la finesse telle,
Qu'elle ferait penser à Renoir et Mozart,
Un bouquet de couleurs, de romantiques notes;
Digne de ta beauté, fidèle à ton regard,
Un envoi solennel signé par des linottes.
Splendide et lumineux comme un matin d'été,
Quelque chose de doux, plein de réminiscence,
Comme un échange intime où l'aube s'est posé;
L'onirique crédit d'une céleste essence.
Avec amour, raison ciseler un bijou
Déposer du soleil sur une page ivoire,
Le bleu divin d'un rêve et la douceur d'Anjou;
Au même délicat qu'un hymne incantatoire.
Afin tout simplement d'être ton rossignol,
Les doigts gantés de fleurs, sans armure sans arme,
M'inspirant de l'aurore, ivre d'un amour fol
Mon cœur puiserait l'or dans l'encre d'une larme.
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