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Il y a des êtres qu’on ressent avant de les connaître,
Des présences qui se glissent dans nos heures sans paraître.
On ne sait pas leur voix, on ne sait pas leurs yeux,
Et pourtant quelque chose d’eux flotte dans nos lieux.
C’est un manque sans histoire, un vide sans passé,
Un appel sans visage qu’on ne peut expliquer.
Comme si l’âme, parfois, reconnaissait d’avance
Une autre âme perdue dans le vaste silence.
On ne les a jamais vus, jamais touchés, jamais croisés,
Mais leur absence pèse plus lourd que des années.
On les cherche sans savoir, on les attend sans preuve,
Et leur ombre nous suit comme une idée neuve.
C’est un mystère doux, un vertige discret,
Une présence qui manque avant même d’exister.
Et peut-être qu’un jour, au détour d’un hasard,
On croisera ce visage que l’on sentait quelque part.
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